La Journée nationale de l’enfant

Honorables sénateurs, j’abonde dans le même sens que la sénatrice Andreychuk : demain, ce sera une journée très spéciale. Madame la sénatrice, vos paroles sont empreintes de sagesse. Vous et moi avons travaillé ensemble sur bien des dossiers concernant les enfants.

Effectivement, demain, ce sera la Journée nationale de l’enfant. En fait, comme l’a dit la sénatrice, nous soulignons le 25e anniversaire de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, dont découle la Journée nationale de l’enfant. Prenons un moment pour réfléchir à la raison d’être de ces droits ainsi qu’à la manière de les mettre en œuvre, car c’est important.

Voici une citation intéressante : « C’est à la façon dont elle traite ses enfants qu’on connaît une société. »

Cette sage parole a été prononcée par un jeune. Je ne connais ni son sexe, ni son âge, ni son nom — et c’est très bien ainsi —, mais je suis choyé d’avoir trouvé ses mots dans les annales du Centre de ressources Landon Pearson.

Il y a de fortes chances pour que la personne qui a fait cette déclaration se tire bien d’affaire et qu’elle ait profité de tout ce dont la plupart des enfants jouissent dans la société canadienne, à savoir l’accès à l’éducation, des soins de santé, un bon foyer et une collectivité sûre.

Cependant, ce n’est pas nécessairement le cas. Cette déclaration pourrait être tout aussi éloquente pour un jeune qui n’aurait pas bénéficié des avantages et de l’espoir qui sont tellement courants dans la société en général, par exemple pour un jeune ou un enfant autochtone, ayant un handicap ou vivant dans la pauvreté. Les enfants sont habitués à établir un lien entre la façon dont ils sont traités et la société dans laquelle ils vivent. À la naissance, ils sont vulnérables. Ils dépendent des adultes pour tout ce qui concerne leur survie et ce qui leur permet de devenir des adultes indépendants.

Dans notre société, les enfants les plus vulnérables sont ceux qui ont les plus grands besoins. Les enfants autochtones, par exemple, sont en retard par rapport au reste des enfants canadiens dans pratiquement tous les aspects se rapportant à leur bien-être : le revenu familial, le niveau de scolarité, la mauvaise qualité de l’eau, la mortalité infantile, le suicide et l’itinérance. À mon avis, cela constitue une violation des droits de la personne, une violation des droits de l’enfant. Au lieu d’envisager les difficultés subies par ces enfants, ou par tout autre enfant, comme une œuvre charitable, nous devons plutôt nous montrer à la hauteur des responsabilités qui nous incombent en tant qu’êtres humains et en tant que citoyens d’un pays qui devrait promouvoir et garantir les droits de l’enfant.

Tous les enfants ont les mêmes droits. Comme l’a mentionné la sénatrice Andreychuk, la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant prévoit un cadre inestimable pour permettre aux enfants de vivre, de grandir et de s’épanouir. Éliminer les inégalités sociales qui entravent les enfants et leur nuisent et agir dans un respect de leurs droits commence par un choix de société. C’est le premier pas facile à franchir vers l’engagement le plus important que notre société puisse prendre.

Nous devrions toujours reconnaître l’importance des enfants et des jeunes. Ils ont de grandes idées et peuvent poser de grands gestes. Ils nous rappellent que nous avons tous, adultes comme enfants, une grande valeur.

Pour terminer, honorables sénateurs, j’aimerais tous vous inviter à un événement qui se tiendra ici demain matin. Il s’agit d’un déjeuner qui a lieu depuis quelques années et qui a été parrainé par quelques sénateurs, y compris la sénatrice Martin, le sénateur Mercer et moi. Des représentants de groupes de défense des intérêts des enfants seront sur place, et le déjeuner sera servi entre 8 heures et 9 heures. Nous accueillerons une invitée spéciale, la sénatrice Landon Pearson, qui m’a amené à devenir sénateur il y a maintenant 11 ans. Elle aura sûrement des choses fascinantes à nous raconter, à l’occasion du 25e anniversaire de la convention, au sujet du centre de ressources sur les enfants de l’Université Carleton qui porte son nom.