La Journée nationale de l’enfant

Honorables sénateurs, nous fêtons aujourd’hui la Journée nationale de l’enfant, qui nous donne l’occasion de souligner l’adoption de la Convention relative aux droits de l’enfant par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1989.

Non seulement cette convention reconnaît-elle que les enfants du monde entier jouissent de tous les droits fondamentaux de la personne, mais elle leur confère des droits supplémentaires pour les protéger, notamment le droit d’être protégés contre l’exploitation, le droit d’avoir des opinions et le droit à l’éducation, aux soins de santé et aux possibilités économiques.

Cette convention a été signée ou ratifiée par plus de pays que tout autre traité international. À titre de signataire, le Canada s’est engagé à veiller à ce que les enfants soient traités avec dignité et respect. Nous avons pris un engagement au Canada et nous avons pour responsabilité de le remplir, ce qui suppose que nous reconnaissons certains faits troublants concernant les enfants dans notre pays.

Selon la Coalition canadienne pour les droits des enfants, plus de 67 000 enfants — je répète, plus de 67 000 enfants — au Canada n’ont pas de foyer permanent. Plus de la moitié des enfants handicapés doivent se débrouiller sans l’aide dont ils ont besoin, parce qu’ils n’ont pas les moyens d’en bénéficier. Dans notre pays, les enfants sont davantage victimes d’actes de violence, de l’exploitation et de mauvais traitements que les adultes.

Le Canada doit regarder en face ces preuves de ses manquements collectifs. Nous devons aborder avec réalisme les difficultés qui existent et mettre fin aux souffrances endurées par ces jeunes Canadiens.

Plus de 40 p. 100 des personnes qui ont recours aux banques alimentaires canadiennes sont des enfants. Les enfants canadiens qui vivent dans la pauvreté ont moins de chances d’obtenir un diplôme d’études secondaires, et encore moins d’aller à l’université.

Après avoir examiné comment le Canada met en œuvre la Convention relative aux droits de l’enfant, la Coalition canadienne pour les droits des enfants a envoyé au premier ministre une lettre contenant un plan détaillé expliquant comment le Canada peut commencer à améliorer la situation, à élaborer un cadre de politiques visant les enfants, à mettre en œuvre une stratégie nationale de prévention de la violence à l’endroit des enfants, et — c’est ce que nous souhaitons tous, je crois — à créer un poste d’ombudsman national des enfants. Ce ne sont là que quelques- unes des mesures recommandées. La coalition demande au gouvernement d’y répondre publiquement avant la prochaine Journée nationale de l’enfant, en novembre 2013.

Le Canada peut faire mieux. Il est facile de mettre en œuvre certaines de ces mesures, mais ce l’est moins pour certaines autres. Ensemble, elles forment une invitation à passer à l’action que nous ne pouvons ignorer. Toutes les déclarations officielles concernant notre respect des enfants et notre détermination à leur permettre de développer leur plein potentiel ne valent rien sans des gestes concrets.

Vendredi, les sénateurs Mercer, Martin et moi animerons une célébration quatre jour après la Journée nationale de l’enfant. Le Sénat débordera d’enfants que nous aurons invités dans cet auguste lieu. On lira des messages, et les enfants vont chanter et lire des histoires. Dustin Milligan, un ancien page du Sénat originaire de l’Île-du-Prince-Édouard, viendra raconter sa propre histoire, dont il a tiré un livre décrivant comment les jeunes peuvent participer à la politique.

Nous espérons que les sénateurs qui seront dans les environs vendredi viendront participer à cet événement, et feront en sorte que nous respections les enfants du Canada et du reste du monde.

La coalition a organisé une discussion avec des députés de tous les partis portant sur les recommandations de son rapport. Cette discussion aura lieu le vendredi 23 novembre à l’Université Carleton de 14 heures à 16 heures.