Le Commissariat national à l’enfance et à l’adolescence

Honorables sénateurs, le temps est venu de reprendre les discussions et de prendre des mesures pour la création d’un commissariat national à l’enfance et à l’adolescence.

Les enfants constituent le groupe le plus vulnérable de la population. Ils dépendent des adultes pour leur éducation, leur alimentation, l’eau potable, leur logement, les services communautaires et leur protection. Ils ne votent ni ne participent au processus politique. Ils n’ont pas voix au chapitre lorsque des décisions sont prises à leur égard.

Honorables sénateurs, dans notre rapport de 2007 intitulé Les enfants — des citoyens sans voix, le Comité sénatorial permanent des droits de la personne a souligné que, en signant la Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies, le gouvernement du Canada s’est engagé à « travailler avec assiduité à sa mise en œuvre au pays même ».

Les droits de la personne s’appliquent à tous les enfants et en tout temps, sans exception.

Qu’est-ce qui me vient à l’esprit lorsque je constate les difficultés et l’injustice auxquelles se heurtent chaque jour les enfants et les adolescents autochtones au Canada, les jeunes handicapés, ainsi que plus d’un million d’enfants canadiens qui vivent dans la pauvreté? Le fait que le Canada ne remplit pas ses obligations à l’égard de nos plus jeunes citoyens.

Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne a recommandé que le Parlement mette sur pied un commissariat national à l’enfance et à l’adolescence qui aurait de véritables pouvoirs et de véritables responsabilités. Il serait notamment chargé de vérifier les progrès, de mener des enquêtes relativement aux plaintes, d’effectuer un travail de sensibilisation et de travailler de concert avec ses homologues des provinces et des territoires.

Honorables sénateurs, le Conseil canadien des défenseurs des enfants et des jeunes a fait parvenir une lettre au premier ministre Trudeau dans laquelle il fait la même recommandation. Deux députés libéraux ont déjà présenté des projets de loi d’initiative parlementaire pour établir cette position. Avant qu’ils ne meurent au Feuilleton, ces projets de loi ont reçu un solide appui.

Hier, le ministre des Transports, Marc Garneau, est venu nous parler de son portefeuille. Avant cela, c’est de son projet de loi d’initiative parlementaire qu’il nous a parlé. Je suis donc convaincu que nous recevrons un appui ferme de l’autre endroit.

Selon UNICEF Canada :

Il faut à nos plus jeunes citoyens une voix indépendante aux plus hautes instances afin qu’ils ne soient pas laissés pour compte lorsque vient le temps d’élaborer des politiques, des programmes, des lois et des budgets.

Je suis heureux, encore une fois, de faire entendre ma voix sur la question de plus en plus pressante de la création d’un commissariat national à l’enfance et à l’adolescence.

Honorables sénateurs, j’espère que, avec les autres parlementaires, en particulier les nouveaux sénateurs qui sont avec nous, vous vous joindrez à nous dans le cadre de cette nouvelle initiative. C’est à suivre, et ce n’est pas fini. Je continuerai de m’occuper de ce dossier et de celui des personnes handicapées, notamment. Nous n’arrêterons jamais. Je n’arrêterai pas avant cinq ans et quatre mois au moins, à ma retraite, car j’aime être ici.

Il est très important, honorables sénateurs, de donner une voix aux enfants. Nous devons le faire; nous en avons la responsabilité morale. J’espère que, avec les autres parlementaires, vous participerez aux discussions et aux démarches nécessaires pour réaliser cet objectif.