Le décès de l’honorable Len Marchand, C.P., C.M.

Honorables sénateurs, la semaine dernière, le Canada a perdu un de ses dirigeants autochtones les plus distingués. Notre ancien collègue Len Marchand nous a en effet quittés à l’âge de 82 ans. J’aimerais aujourd’hui commémorer la vie remarquable qu’il a menée et les nombreuses années qu’il a consacrées à la cause publique.

Commençons par rappeler que très peu de Canadiens auront créé autant de précédents pendant leur carrière. Len a été le premier Indien inscrit à obtenir son diplôme d’études secondaires dans un établissement d’enseignement public et il était l’un des rares Autochtones à fréquenter l’Université de la Colombie-Britannique à la fin des années 1950.

Il a été le premier Indien inscrit à occuper les fonctions d’attaché ministériel à Ottawa, à se faire élire à la Chambre des communes, à devenir secrétaire parlementaire et à faire partie du Cabinet fédéral. Personnellement, je le considère comme l’Autochtone originel du Parlement.

J’ai couvert sa carrière politique à l’époque où j’étais journaliste sur la Colline, pendant les années 1970, et nous avons fini par faire connaissance. Après tout, il était un petit gars du peuple, comme moi. Il savait néanmoins se faire entendre et s’efforçait de toujours comprendre les deux côtés d’une question. Il invoquait souvent la fierté des Premières Nations, mais cela ne l’empêchait pas de parler aussi de leurs difficultés. Même lorsque la discussion s’avérait mouvementée, Len avait toujours aux lèvres le sourire qu’on lui voyait constamment et il ne se départait jamais de son sens de l’humour. C’était d’ailleurs une de ses plus grandes qualités.

En 1984, il est devenu le premier Autochtone canadien à être nommé au Sénat du Canada. Honorables sénateurs, Len était un excellent conteur; il a donc continué à raconter l’histoire des peuples autochtones du Canada lorsqu’il est arrivé parmi nous.

Même si je n’ai jamais eu le privilège de le côtoyer en ces murs, je sais que le sénateur Marchand a marqué l’histoire, et le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones nous en donne la preuve tous les jours, car c’est grâce à une motion qu’il a présentée que le comité a été créé, en 1990. Il en a d’ailleurs été le premier président. Quelle riche histoire nous avons grâce au sénateur Marchand!

Il a aussi laissé sa marque au sein de l’organisation du Parti libéral du Canada, car il a participé à la création de la Commission des peuples autochtones, en 1990. Cette commission est aujourd’hui la seule entité de ce type au sein d’un parti politique fédéral. Les réalisations du sénateur Marchand sont exceptionnelles.

Lorsqu’il a pris sa retraite du Sénat, en 1998, notre chère amie et ancienne collègue, la sénatrice Joyce Fairbairn, a déclaré : « Len a fait tomber des barrières et a ouvert une nouvelle voie pour lui-même et pour le peuple qu’il a toujours représenté, les Autochtones et les Indiens inscrits. » Encore une fois, ce sont de très belles paroles, qui ont été prononcées par la sénatrice Fairbairn.

Beaucoup de gens ont dit que Len était un pionnier. Oui, c’est vrai, il était un pionnier, mais surtout, il avait une grande âme. Il demeure un exemple à suivre pour nous tous en raison de sa détermination, de ses réalisations et de son engagement envers le Canada.

Merci, honorables sénateurs.