La journée parlementaire en fauteuil roulant

Honorables sénateurs, je demande la permission de faire ma déclaration et de siéger au Sénat aujourd’hui en fauteuil roulant.

Tout d’abord, je remercie Son Honneur de me permettre de travailler en fauteuil roulant aujourd’hui. Je pense que nous créons un précédent et que nous envoyons un message très important au reste du pays et sur la Colline du Parlement.

Honorables sénateurs, nous célébrons aujourd’hui la Journée parlementaire annuelle en fauteuil roulant de l’Association canadienne des paraplégiques. Vingt-cinq sénateurs et députés essaient de travailler en fauteuil roulant aujourd’hui. Je suis heureux de voir que ma collègue, madame le sénateur Yonah Martin, compte parmi ceux d’entre nous qui relèvent le défi. La journée n’a pas été facile jusqu’à maintenant, surtout lorsqu’il a fallu traverser la rue Wellington.

Je suis content de l’occasion qui m’est donnée de faire de nouveau ma part pour sensibiliser la population aux obstacles auxquels se heurtent quotidiennement les personnes qui vivent avec des traumatismes médullaires et qui se déplacent en fauteuil roulant. Je dois admettre, par contre, que j’attendais cette journée avec des sentiments partagés. J’espère que je ne dépasse pas les bornes, mais, l’an dernier, je me suis presque empalé dans l’urinoir. N’empêche, j’ai survécu et je renouvelle l’expérience.

Il va sans dire que se déplacer en fauteuil roulant, n’est pas une sinécure. Cela exige beaucoup de force physique et de détermination. Avant de participer pour la première fois à cette activité, je ne m’étais jamais rendu compte des dangers et des obstacles physiques qui empêchent une personne en fauteuil roulant de se déplacer facilement d’un endroit à un autre. L’expérience peut être décourageante et frustrante. Maintenant qu’on m’a ouvert les yeux, je continue à prendre conscience de ces défis et à la nécessité de les relever.

Un exemple frappant d’un obstacle à éliminer se trouve dans cette enceinte. J’ai pu apporter mon fauteuil roulant au Sénat avec la permission du Président. En temps normal, je n’aurais pas pu entrer avec mon fauteuil roulant et je me serais déplacé en marchant, mais qu’en est-il des personnes qui ne peuvent pas marcher?

En principe et en pratique, le Sénat devrait être accessible à tout le monde. Même le Règlement du Sénat exige qu’un sénateur se lève pour que la présidence lui donne la parole. De plus, les sénateurs doivent se lever pour voter. Qu’arriverait-il si une personne ne pouvait pas se lever? Il faut penser à cela.

L’an dernier, Robert White, directeur exécutif de l’Association canadienne des paraplégiques, a comparu devant le Comité sénatorial permanent des droits de la personne. Dans ses remarques préliminaires, il a indiqué qu’un collègue était censé l’accompagner à l’audience. Toutefois, il n’avait pas pu prendre l’avion à Toronto comme prévu, car il n’y avait pas de place pour son fauteuil roulant dans la soute à bagages de l’appareil.

L’Association canadienne des paraplégiques aide les personnes atteintes d’une lésion à la moelle épinière à devenir autonomes et à participer pleinement à la vie de la société. L’association compte actuellement plus de 20 000 membres.

Je tiens à remercier l’Association canadienne des paraplégiques de m’avoir encore invité à participer à la Journée parlementaire en fauteuil roulant. Tout au long de la journée, je vais certainement me retrouver dans des situations délicates avec mon fauteuil roulant et, demain, j’aurai sûrement mal aux muscles, comme l’an dernier. Toutefois, cela en vaut la peine. C’est un privilège d’appuyer les objectifs importants de l’association, et les désagréments éprouvés pendant une journée seront bien vite oubliés.