RÉSULTATS Canada

L’honorable Jim Munson : Honorables sénateurs, pendant une semaine vers la fin de février, j’ai accompagné en Éthiopie une délégation parlementaire dirigée par RÉSULTATS Canada, qui est un organisme communautaire de défense dont le mandat est de créer la volonté populaire et politique de mettre fin à la famine et aux facettes les plus hideuses de la pauvreté. Les députés Dean Allison — un très bon compagnon de route — et Bernard Patry ont participé à ce voyage fort instructif.

Sur le continent africain, l’Éthiopie se classe au deuxième rang pour sa population et est l’un des pays les plus pauvres. Les populations vivant dans une extrême pauvreté n’ont pas accès à de la nourriture en quantité suffisante, à de l’eau potable et à des médicaments. L’UNICEF estime qu’un enfant éthiopien sur 20 meurt au bout du premier mois de sa vie, tandis qu’un enfant sur six meurt avant d’atteindre l’âge de cinq ans.

C’est une chose d’entendre des statistiques aussi inquiétantes, mais c’en est une autre de regarder dans les yeux les êtres humains qui se cachent derrière les chiffres.

J’ai vécu en Asie et en Europe et j’ai couvert, comme journaliste, divers événements dans de nombreuses régions du monde. J’ai été témoin de tragédies. Toutefois, ce voyage a été très différent. Notre délégation a constaté l’absence complète d’installations sanitaires. Nous avons vu dans des villages et dans des cliniques urbaines des gens qui se mouraient de la tuberculose, du VIH-sida et de la malaria. Aussi incroyable que cela puisse paraître, cependant, une lueur d’espoir jaillissait de cette noirceur.

En effet, partout les Éthiopiens s’entraidaient. Nous avons rencontré des villageois qui nous ont fièrement montré les latrines et la cabine de douche rudimentaire qu’ils avaient construites et la bouteille d’eau en plastique qu’ils utilisaient pour se laver les mains. Nous avons rencontré des femmes qui dirigeaient des entreprises financées par le microcrédit et des banques. Nous avons rencontré des femmes qui avaient donné de l’argent à des femmes d’autres quartiers afin de créer des entreprises. Nous avons rencontré des Éthiopiennes qui avaient recueillis des orphelins, les nourrissaient et en prenaient soin. Nous avons rencontré des travailleurs de la santé qui fournissaient des services à leurs propres villages. Il y a en tout 35 000 travailleurs de la santé en Éthiopie. Un médecin éthiopien m’a dit qu’il ne faut jamais arrêter d’essayer.

Je crois que ce que nous avons vu à l’hôpital Gandhi, à Addis-Abeba, résume bien la situation. Dans une salle, il y avait un enfant prématuré dans une couveuse, qui était en train de mourir. Cependant, d’autres bébés dans le reste de l’hôpital prenaient des forces et survivaient.

Honorables sénateurs, RÉSULTATS Canada m’a permis de mieux comprendre comment un véritable organisme de défense des droits fonctionne. Cet organisme exerce des pressions, mène des campagnes épistolaires, rencontre des personnes qu’il essaie de convaincre par les arguments ou en faisant appel à leurs sentiments pour s’assurer que le Canada investit son argent dans les bons projets. Il n’est pas important de savoir si les projets sont mis en œuvre par l’entremise de l’ACDI, de l’UNICEF ou d’une autre organisation. Ce qui compte, c’est la solidité et la pertinence des projets

Honorables sénateurs, ce fut un privilège de faire ce voyage. La délégation a dû parcourir de grandes distances, mais quel plaisir de voir des signes d’espoir et d’amélioration dans un tel environnement. J’en suis revenu édifié.