L’Association canadienne des paraplégiques

Honorables sénateurs, ma journée est très intéressante. J’ai les muscles endoloris. On m’a permis d’entrer sur mes deux jambes, mais vous avez peut-être vu un fauteuil roulant à la porte. Le sénateur Kochhar et moi sommes dans un fauteuil roulant depuis 7 heures ce matin afin de participer aux efforts de sensibilisation déployés par l’Association canadienne des paraplégiques. Je peux vous dire que je suis plus fatigué que je ne l’ai jamais été après une partie de hockey. Je passe la journée dans un fauteuil roulant afin de comprendre ce qu’est la vie quotidienne de plus de 41 000 Canadiens qui ont subi un traumatisme médullaire. Je vois les choses différemment maintenant. J’ai découvert qu’il faut plus de temps pour aller du point A au point B. Je sais ce que c’est de ne pas pouvoir regarder son interlocuteur dans les yeux, tout comme le sénateur Kochhar, mais j’ai découvert dans le haut de mon corps des muscles dont j’ignorais l’existence.

J’ai aussi appris des faits tristes au sujet des traumatismes médullaires. Chaque année, 1 200 personnes subissent un traumatisme médullaire au Canada et, dans 84 p. 100 des cas, ce sont des jeunes de moins de 34 ans. Trois victimes sur quatre sont des hommes. Ces chiffres sont inquiétants pour un père comme moi, dont les deux fils se trouvent dans cette catégorie d’âge.

Il est aussi inquiétant d’apprendre que nous ne connaissons pas de cure pour les traumatismes médullaires, que le taux de chômage des victimes de ce traumatisme s’élève à 62 p. 100 et que les coûts à payer au cours de la vie de chaque personne atteinte d’un traumatisme médullaire s’élèvent entre 1,25 million et 25 millions de dollars, selon le traumatisme.

Nous avons beaucoup de travail à faire pour trouver un traitement pour les traumatismes médullaires et pour permettre à ceux qui en sont frappés de participer pleinement à la vie en société. Je réfléchirai certainement à cela lorsque je réintégrerai mon fauteuil roulant pour le reste de la journée et je réfléchirai aussi à ce que le Sénat peut faire pour devenir plus inclusif.

À l’autre endroit, des aménagements ont été faits pour permettre la circulation des personnes en fauteuil roulant, comme le ministre Fletcher, qui a été aujourd’hui le chef de 35 députés et de deux sénateurs. Au Sénat, Rick Wardell est un des participants au Programme des amis du Sénat. Rick travaille avec nos pages et se heurte à des limites parce qu’il ne peut pas circuler au Sénat avec son fauteuil roulant. Je crois qu’il mérite mieux. Je crois qu’une personne comme Rick devrait pouvoir entrer au Sénat pour porter un message. C’est simple, il suffit d’ouvrir les portes un peu plus grand et, évidemment, le tapis rouge ne sera pas du tout endommagé. Je crois que Rick mérite mieux, comme toutes les personnes frappées d’un traumatisme médullaire.

Quel qu’ait été le parti au pouvoir au cours des 15 dernières années, le Parti libéral ou le Parti conservateur, le financement annuel de l’Association canadienne des paraplégiques est passé de 2 millions de dollars à 200 000 $. Tous les parlementaires d’expérience, tant libéraux et conservateurs qu’indépendants, savent qu’il ne s’agit pas d’une question politique. Il s’agit d’aider et de sensibiliser les gens. Par exemple, le ministre Flaherty a été très généreux en ce qui concerne le financement des Jeux olympiques spéciaux, cause qui me tient à cœur. Cela montre que les libéraux et les conservateurs peuvent travailler ensemble.