Le Mois de la sensibilisation aux lésions de la moelle épinière et la journée parlementaire en fauteuil roulant

L’honorable Jim Munson : Honorables sénateurs, en cette journée spéciale, je demande la permission au Sénat de faire ma déclaration assis dans mon fauteuil roulant.

Son Honneur le Président : Est-ce d’accord, honorables sénateurs?

Des voix : D’accord.

Le sénateur Munson : Honorables sénateurs, nous soulignons aujourd’hui la Journée parlementaire en fauteuil roulant. Je me déplace en fauteuil roulant avec les sénateurs Don Meredith et Bob Peterson. J’ai passé une bonne journée, mais j’ai aussi été confronté à mes limites. Cette journée est organisée par Blessure médullaire Canada, autrefois l’Association canadienne des paraplégiques. Chaque année, cette activité vise à sensibiliser la population aux blessures de la moelle épinière et à la nécessité de faciliter l’accès des lieux aux personnes en fauteuil roulant. Nous sommes 25 qui travaillent en fauteuil roulant aujourd’hui. Nous devons toutefois penser qu’il y a des gens blessés à la moelle épinière qui le font chaque jour.

Non seulement il faut être doté d’une grande force physique et avoir beaucoup de coordination pour manœuvrer avec un fauteuil roulant dans les rues et les entrées des immeubles où nous travaillons et vivons, mais il faut aussi beaucoup de détermination pour contourner les obstacles, qui se dressent, littéralement, partout.

Êtes-vous allé récemment faire un tour à l’édifice du Cercle national des journalistes? Comme l’entrée principale, sur Wellington, est fermée pour les deux prochaines années, on doit entrer par la rue Sparks, puis se rendre au troisième étage. Il faudrait ensuite avoir un bélier pour pouvoir entrer dans l’édifice du Cercle national des journalistes, ce qui, pour certains sénateurs, n’est peut- être pas si catastrophique. Par la suite, on doit suivre un corridor et traverser deux séries de portes. Le ministère des Travaux publics prétend qu’on peut s’y rendre en fauteuil roulant, mais ce n’est pas accessible. Ce n’est là qu’un exemple. Je doute qu’on puisse réussir à traverser ce labyrinthe en fauteuil roulant.

J’espère que le ministère des Travaux publics est à l’écoute, car je peux dire que leurs normes sont inacceptables et qu’il est temps de les adapter aux besoins de tous les Canadiens, notamment ceux dont la mobilité est réduite.

Sur un ton plus léger, j’aimerais parler de Rick Wardell. Tout le monde connaît Rick. Je n’ai pas triché; je n’ai fait qu’utiliser mes neurones. Rick est l’un de nos pages et il est en fauteuil roulant motorisé. Après l’activité qui a eu lieu à la flamme du centenaire, je me suis fait tirer par Rick jusqu’au Parlement. Je dois d’ailleurs le féliciter de m’avoir aussi bien aidé à remonter la Colline.

Nous avons tous une certaine fierté. Vous savez que je n’ai pas beaucoup de cheveux. Avez-vous déjà essayé de vous peigner dans les toilettes en étant assis dans un fauteuil roulant? Je sais que je suis petit, mais c’est tout à fait absurde!

Je reprends mon sérieux pour vous dire qu’aujourd’hui, 90 000 Canadiens ont un traumatisme médullaire. Les personnes les plus touchées sont les jeunes, surtout des hommes de 20 à 29 ans. Chaque année, on compte environ 4 500 nouvelles victimes d’un traumatisme médullaire au Canada. À la fin de la journée, lorsque j’aurai fini mon exposé, que nous serons tous confortablement au lit et que j’aurai remis mon fauteuil roulant aux organisateurs de la journée, il y aura eu 11 nouveaux cas de traumatisme médullaire. Cela mérite réflexion.

Pour conclure, nous avons la chance d’avoir aujourd’hui parmi nous des représentants de Blessure médullaire Canada, et plus particulièrement Bobby White. Cet après-midi, à 17 heures, il y aura une réception sur la Colline. J’espère que les sénateurs pourront aller rencontrer les représentants et qu’ils pourront en apprendre davantage sur les activités qui se déroulent maintenant et qui seront organisées pendant tout le mois de mai dans le cadre du Mois de la sensibilisation aux lésions de la moelle épinière. Ils pourront aussi questionner les représentants sur leur travail et sur les personnes qu’ils aident.