Le phare de l’île Sambro

Honorables sénateurs, cette déclaration porte sur la préservation du phare de l’île Sambro, en Nouvelle- Écosse et, je l’espère, de nombreux autres phares au Canada. Allumé pour la première fois en 1758, le phare de l’île Sambro est le plus vieux phare encore en activité en Amérique du Nord et du Sud. C’est également l’un des phares qui revêt la plus grande importance historique au Canada. Situé à l’embouchure du port achalandé d’Halifax et entouré de nombreux rochers et hauts-fonds, ce phare est devenu une lueur d’espoir pour de nombreuses générations. Certains l’appellent même la statue de la Liberté canadienne, parce que pendant presque la moitié du XXe siècle, c’est le symbole qui a indiqué à des centaines de milliers d’immigrants qu’ils étaient arrivés au pays. Pendant la guerre, il était la dernière image du Canada que voyaient les soldats qui allaient servir à l’étranger et la première image qu’ils voyaient à leur retour.

Après avoir permis aux pêcheurs et aux voyageurs de naviguer en toute sécurité pendant plus de deux siècles, ce phare a été déclaré excédentaire par Pêches et Océans Canada. Le ministère ne finance plus son entretien. Paradoxalement, même si sa lumière et sa corne de brume ont aidé des êtres humains à naviguer dans des conditions difficiles, ce sont ces mêmes conditions — les vents violents et la rigueur du climat — qui érodent maintenant sa structure.

Les habitants de la collectivité de l’île Sambro sont profondément attachés à ce phare. Des particuliers et des organismes bénévoles ont travaillé fort afin de recueillir des signatures pour des pétitions et de sensibiliser les gens à l’importance historique, environnementale et touristique du phare.

Grâce au Sénat, sept phares dans quatre provinces ont été désignés des phares patrimoniaux en vertu de la Loi sur la protection des phares patrimoniaux. Ils seront entretenus et protégés en tant que symboles de notre patrimoine maritime. Malheureusement, le phare de l’île Sambro et la communauté ne peuvent pas répondre aux critères de désignation.

Si nous voulons préserver ce symbole de l’histoire canadienne, nous devons aller plus loin. Aujourd’hui, comme ils l’ont fait mardi, les députés de tous les partis, y compris Geoff Regan, présentent à leurs collègues de la Chambre des communes deux pétitions de la Nova Scotia Lighthouse Heritage Society, qui sont signées par plus de 5 000 personnes. Les signataires réclament que le Parlement alloue des fonds fédéraux et fasse preuve de leadership pour créer une stratégie visant à préserver cette structure emblématique.

Honorables sénateurs, je vous invite à appuyer cette importante initiative. Il s’agit de tenir une promesse faite aux citoyens du pays. Pour ma part, j’appuie totalement ces pétitions et j’espère avoir l’aide de mes collègues de tout le pays. On ne parle pas uniquement des phares des Maritimes. Il y a, par exemple, celui de Louisbourg, d’où vient le sénateur MacDonald. Je sais qu’il m’appuiera. D’un bout à l’autre du pays, il y a plusieurs de ces phares qui doivent être sauvés. C’est extrêmement important. Mon arrière-grand-oncle, James Munson, a été le premier gardien de phare au Nouveau- Brunswick, au cap Enrage, comme on dit en anglais.