Les banques alimentaires

Honorables sénateurs, il y a 11 ans aujourd’hui, j’étais nommé à cet endroit très spécial, le Sénat du Canada — 11 ans, c’est incroyable. C’était en 2003. Ma vie était alors sur le point de changer pour le mieux, et ce, à bien des égards. Toutefois, pour des milliers de Canadiens, la vie et ses perspectives étaient extrêmement différentes des miennes. En mars 2003, les banques alimentaires un peu partout au Canada ont servi 776 783 personnes — j’ai bien dit 776 783 personnes. Plus de 40 p. 100 d’entre elles étaient âgées de moins de 18 ans.

J’aimerais bien que le Canada ait pu faire en sorte, depuis ce temps, que les gens dépendent moins des banques alimentaires, mais ce n’est pas le cas. En fait, la situation s’est aggravée. Chaque mois, près de 850 000 Canadiens ont recours aux banques alimentaires. Voilà qui illustre clairement l’étendue de la pauvreté.

Les gens qui n’arrivent pas à subvenir à leurs besoins de base vivent souvent une situation difficile : maladie, éclatement de la famille, perte d’emploi, et cetera. Les bénéficiaires de l’aide sociale, les personnes handicapées et les personnes âgées ayant un revenu fixe ont souvent recours aux banques alimentaires. Ces services aident aussi les chômeurs et les travailleurs dont le salaire est insuffisant.

Parmi les personnes qui ont recours aux banques alimentaires, 37 p. 100 sont des enfants. La malnutrition nuit à leur développement, à leur croissance et même à leurs facultés de concentration et d’apprentissage. Les risques de séquelles permanentes de la malnutrition sont bien réels et nous font crier à l’injustice, tout comme la faim elle-même. Les enfants ont tout autant le droit d’être nourris que d’être protégés, logés et soignés.

Il est difficile de se sortir de la pauvreté. Les banques alimentaires aident les gens à surmonter leurs problèmes. Elles nous offrent aussi quelque chose d’important : l’occasion d’en savoir davantage sur le problème de la faim au Canada et sur les moyens de le régler.

L’organisme national Banques alimentaires Canada cherche à créer un consensus autour des enjeux et des stratégies qui permettraient d’améliorer la situation. La Banque alimentaire d’Ottawa et les centaines d’autres banques alimentaires du Canada luttent concrètement contre la faim. Elles donnent à manger à ceux qui en ont besoin. Elles nous permettent de faire facilement des dons et de donner un peu de notre temps. Grâce à leur pouvoir d’achat et à de solides partenariats dans le secteur de l’alimentation, elles réussissent à offrir l’équivalent de 5 $ de nourriture pour chaque dollar reçu en dons.

Dans un monde idéal, la faim et la pauvreté n’existeraient pas, mais la réalité est actuellement tout autre. C’est pourquoi nous avons besoin de Banques alimentaires Canada et des banques alimentaires qui œuvrent dans toutes les collectivités. Je leur suis reconnaissant de leur excellent travail.

Honorables sénateurs, je vous en prie, pendant la période des Fêtes, donnez ce que vous pouvez et à qui vous le pouvez. Les clients des banques alimentaires sont véritablement nos voisins.

Merci.