Les droits de la personne en Chine

Honorables sénateurs, ces dernières semaines, les Canadiens ont été captivés par la prise de contrôle de Nexen par la China National Offshore Oil Corporation, ou CNOOC. On nous a répété inlassablement que le Canada était prêt à faire des affaires et que la Chine était le client idéal. Peut-être bien, mais le fait est que la Chine fait encore fi de ses obligations en matière de respect des droits de la personne et il me semble qu’on a complètement oublié ce fait. En dépit de nos liens économiques avec la Chine, nous ne pouvons pas oublier que c’est un pays qui laisse sérieusement à désirer au chapitre de la démocratie et de la liberté d’expression.

La semaine dernière, par exemple, un auteur chinois, Mo Yan, s’est vu décerner le prix Nobel de littérature. Il est membre du Parti communiste et on se serait attendu à ce qu’il prenne la défense d’un autre écrivain qui, comme lui, a reçu le prix Nobel, Liu Xiaobo. M. Liu est reconnu pour son activisme pacifique dans le domaine des droits de la personne et de la promotion de la liberté d’expression et de conscience. Où est M. Liu en ce moment? En prison. Je crois qu’il purge une peine de 11 ans et son épouse pourrait tout aussi bien être en prison. Elle est assignée à résidence et ne peut voir son mari qu’une fois par mois, le temps d’un bref repas. Elle est escortée par des gardes partout où elle va.

Il est impossible d’imaginer ce qui se passe dans certains de ces goulags de Chine où se trouvent des défenseurs des droits de la personne et de la liberté d’expression — le genre de liberté d’expression dont nous jouissons chaque jour ici, au Sénat. Plus tôt ce mois-ci, 134 lauréats du prix Nobel ont publié une lettre dans laquelle ils demandaient au nouveau président chinois, Xi Jinping, de libérer M. Liu.

Honorables sénateurs, j’ai vécu en Chine pendant cinq ans et j’ai couvert le massacre de la place Tiananmen. J’ai vu les droits de dissidents chinois et de simples Chinois bafoués. C’est pourquoi j’invite le Sénat, à un moment où nous portons tellement d’attention à ce qui se passe en Chine et aux relations commerciales entre nos deux pays, à s’arrêter quelques instants en cette période spéciale et à songer à ceux qui cherchent à obtenir la même liberté d’expression que nous.