Les Jeux olympiques spéciaux mondiaux d’hiver de 2017

Honorables sénateurs, demain, je vais parler de l’autisme. Un sommet sur l’autisme a lieu en ce moment à Ottawa, et j’espère que les honorables sénateurs pourront participer à la réception qui doit avoir lieu dans la salle 160-S, de 17 heures à 19 heures, après le vote reporté.

Certaines semaines de relâche sont meilleures que d’autres, et j’ai pu le constater pendant les Jeux olympiques spéciaux mondiaux d’hiver, qui se sont déroulés en Autriche, du 16 au 23 mars. Imaginez la présence de 3 000 athlètes provenant de 105 pays. Après avoir dit au revoir à la ville historique de Graz, en Autriche, nous nous sommes baladés dans la campagne vallonnée, la tête remplie de souvenirs à la suite d’une semaine pleine d’émotions passée en compagnie de nouveaux amis, les athlètes des Jeux olympiques spéciaux originaires des quatre coins du monde.

Ce fut une semaine inoubliable. Au cours de ces jeux, les athlètes atteints d’une déficience intellectuelle ont démontré leur capacité de gagner, de se soucier des autres et d’aimer. Évidemment, Équipe Canada a fait très bonne figure, décrochant l’or, l’argent et le bronze.

Toutefois, pendant les Jeux olympiques spéciaux, l’important, ce n’est pas de finir premier, dernier ou à n’importe quel rang entre les deux, car, comme on dit dans ce mouvement sportif, il s’agit avant tout de gagner dans la vie. Personne ne se souciait de la pluie qui a tombé dru pendant les spectaculaires cérémonies d’ouverture tenues dans le village pittoresque de Schladming. Il n’y avait qu’à ressentir l’énergie dans le stade pour être convaincu de se trouver au meilleur endroit au monde.

Il est difficile de décrire l’émotion que j’ai ressentie en regardant Équipe Canada, dirigée par Jamie Salé, médaillée d’or olympique et championne mondiale de patinage artistique, entrer dans le stade à ciel ouvert. J’étais tellement fier et enthousiaste pour nos athlètes qui avaient passé des années à se préparer en vue de cette compétition mondiale.

Nos athlètes des Jeux olympiques spéciaux viennent de partout au pays. En leur présence, je me suis souvenu de ce à quoi ressemble un Canada inclusif. D’accolades en poignées de main, l’heure était à l’euphorie de la victoire ou au chagrin de la défaite, quoique personne ne soit vraiment perdant aux Jeux olympiques spéciaux.

On voyait partout des drapeaux canadiens et des familles venues encourager les athlètes. Ce sont les familles qui sont au cœur de ce mouvement. Nous sommes tous unis par la confiance qu’elles ont dans les athlètes. Certes, il y a le soutien fourni par le gouvernement fédéral et les sociétés commanditaires, mais c’est de la famille des Jeux olympiques spéciaux que le mouvement tire sa source.

Que ce soit en regardant Peter Snider, de Waterloo, en Ontario, traverser la ligne d’arrivée en raquettes, ou Véronique Leblanc, de Moncton, au Nouveau-Brunswick, lors de l’épreuve de patinage de vitesse, j’ai compris que ces jeux étaient synonymes de sport, de compétition et, surtout, d’inspiration.

Pendant une semaine, en Autriche, le monde du sport a prêté attention à 3 000 athlètes qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour l’amour du sport et pour l’amour qu’ils ont les uns pour les autres. Les athlètes des Jeux olympiques spéciaux contribuent à nous montrer ce à quoi devrait ressembler l’humanité. Ils peuvent nous apprendre la gratitude — être reconnaissant de pouvoir jouer un rôle dans la société comme n’importe qui d’autre — et l’importance des moments où une étreinte veut tout dire et où le partage d’un instant est la seule chose qui importe. J’ai pris part à de nombreux moments comme ceux-là en Autriche et je me souviendrai toujours des larmes qui coulaient lorsque je remettais des médailles sur la place principale. À cet instant précis, je me suis dit : « Voilà ce qu’est l’inclusion. »

Le serment des athlètes des Olympiques spéciaux est le suivant : « Que je sois victorieux, mais, si je n’y parviens pas, que je donne le meilleur de moi-même ».

Nous devons tous retenir cette leçon. Merci.