Les réseaux de canaux de Parcs Canada – Les droits d’utilisation

Honorables sénateurs, je tiens moi aussi à souhaiter la bienvenue à nos cinq nouveaux sénateurs. Ils pourront constater que les sénateurs de ce côté-ci de la Chambre sont assez gentils. Ne soyez pas trop nerveux ou inquiets. Prenez exemple sur moi.

Honorables sénateurs, le mois dernier, Parcs Canada a présenté une proposition ayant pour objectif d’augmenter considérablement les droits associés à l’utilisation de nos réseaux de canaux, plus particulièrement pour le canal Rideau. À titre de sénateur de la division d’Ottawa/Canal Rideau, je me suis vivement opposé à cette mesure. Les droits sont gelés depuis 2008, et le moment est venu de les augmenter progressivement afin de tenir compte de l’augmentation des coûts et d’assurer la viabilité à long terme de nos canaux. Cela dit, tout cela a déclenché un tollé, car Parcs Canada nous a présenté un plan fondé uniquement sur les chiffres, et non sur la valeur collective globale des canaux.

D’Ottawa à Kingston, le canal Rideau améliore la qualité de vie de bien des gens, qu’il s’agisse des exploitants de bateaux, des propriétaires de gîtes touristiques, des propriétaires de camping ou des commerçants qui vendent des produits alimentaires ou des articles de camping. Il ne fait aucun doute que c’est une industrie très importante. Honorables sénateurs, ensemble, tous ces secteurs d’activités assurent le dynamisme de l’industrie touristique de cette région. Si on élimine le laissez-passer saisonnier et qu’on commence à imposer des droits à chaque écluse, voici ce qui se produira. Au début, Parcs Canada a tenté d’imposer une augmentation astronomique des droits. Or, en procédant ainsi, on coupe l’herbe sous le pied de l’industrie touristique. Il y a quelques semaines, Don Butler, de l’Ottawa Citizen, a fait quelques calculs pour nous, et il semblerait qu’il s’agit d’une augmentation d’environ 340 p. 100.

Le fait d’imposer des droits plus élevés ne donnera pas nécessairement lieu à une augmentation des revenus si le nombre de bateaux qui passent par les canaux diminue. La décision prise par Parcs Canada d’augmenter les droits pourrait causer la fermeture de nos réseaux de canaux et ruiner plusieurs villes de l’Ontario. Parcs Canada aurait dû songer à cela dès le départ, mais, à tout le moins, l’organisation réagit maintenant au tollé que sa décision a provoqué. Hier, Parcs Canada a présenté ses dernières révisions à la liste des droits proposés. Les augmentations visant les droits de mouillage ont été réduites et les laissez-passer d’un jour et saisonniers ont été rétablis. On constate un certain progrès, mais il faut faire encore plus.

Les maires des municipalités qui bordent le canal Rideau travaillent ensemble dans l’intérêt de leurs concitoyens. Ils ont indiqué que si Parcs Canada décide d’aller de l’avant avec l’augmentation des tarifs, qui sont déjà trop élevés, et avec l’élimination des laissez-passer d’un jour, qui sont fort populaires, les petites entreprises et la navigation entre les municipalités risquent d’en souffrir.

Une partie du mandat de Parcs Canada est de « servir les Canadiens et les Canadiennes en travaillant ensemble pour atteindre l’excellence, guidés par les valeurs de compétence, de respect et d’équité ». Parcs Canada n’a pas fait preuve d’équité dans ce dossier. Le canal Rideau représente une réalisation extraordinaire. Il utilise la même technologie qu’à son ouverture, en 1832. Il a d’ailleurs été reconnu site du patrimoine mondial par l’UNESCO. Il fait donc partie intégrante du patrimoine de la population canadienne. On n’avait jamais prévu instaurer une politique sur les droits d’utilisation pour tout le réseau de parcs et de canaux. Parcs Canada doit aux Canadiens de trouver un équilibre entre l’augmentation des revenus et le maintien de l’accessibilité du canal afin que tout le monde puisse l’apprécier et en profiter.

Honorables sénateurs, le gouvernement recueillera l’avis de la population par courriel jusqu’au 18 février. Comme il s’agit de courriels, on ne saurait parler de consultations publiques. Il devrait y avoir des assemblées publiques, ainsi qu’un débat ouvert et transparent à ce sujet. Le courrier électronique n’est pas vraiment une forme de consultation publique, mais c’est le meilleur moyen que nous ayons à notre disposition.

Honorables sénateurs, je vous invite à consulter le site web de Parcs Canada pour en apprendre davantage au sujet de la proposition et à envoyer vos commentaires.