L’honorable Gérard La Forest, C.C. — Félicitations à l’occasion de son quatre-vingt-dixième anniversaire

Honorables sénateurs, au début du mois, Gérard La Forest, ancien juge de la Cour suprême du Canada, a célébré son 90e anniversaire de naissance chez lui, à Fredericton. Cela fait plusieurs années que j’entends parler de cet homme qui m’inspire du respect pour la marque qu’il a laissée sur la législation canadienne, sur nos vies et sur notre pays, et aussi pour son authenticité et sa perspicacité, des traits que je découvre en écoutant les histoires que me raconte sa fille, qui fait partie de mon équipe à Ottawa.

Comme M. La Forest et moi venons du Nouveau-Brunswick, j’ai une petite idée de l’enfance qu’il a dû avoir. Né en 1926 à Grand Falls, benjamin d’une famille de 12 enfants, il a grandi à une époque où les familles et les collectivités entières étaient aux prises avec des défis économiques de taille. Bon élève curieux et avide de lecture, il se distinguait de ses frères et sœurs. Il rit avec nostalgie en se rappelant la patience avec laquelle son père en vint à accepter que son plus jeune n’était pas destiné à la rude vie agricole.

La carrière de M. La Forest est marquée de remarquables réalisations. Il attribue à la chance la plupart des grands points tournants dans sa vie, autant personnels que professionnels, dont la suite d’événements qui lui tient le plus à cœur : sa rencontre et son mariage avec Marie Warner, de Saint John.

En 1997, dans l’affaire Eldridge c. Colombie-Britannique (Procureur général), M. La Forest évoque le quotidien des personnes handicapées au Canada pour justifier sa décision de donner gain de cause à la partie appelante, un groupe de personnes sourdes de naissance. Il a écrit ceci :

[…] les personnes handicapées n’ont généralement pas obtenu [traduction] « l’égalité de respect, de déférence et de considération » que commande le par. 15(1) de la Charte. Au lieu de cela, elles ont fait l’objet d’attitudes paternalistes inspirées par la pitié et la charité, et leur intégration à l’ensemble de la société a été assujettie à leur émulation des normes applicables aux personnes physiquement aptes […]

Cette description de la marginalisation et de l’exclusion sociales est aussi représentative aujourd’hui qu’elle l’était il y a 20 ans. Ses propos expriment le point de vue auquel je souscris lorsque je défends les intérêts des autistes ou des personnes ayant des déficiences intellectuelles.

Aujourd’hui, c’est avec plaisir que j’offre mes meilleurs vœux à M. La Forest. Je crois comprendre qu’il a célébré son anniversaire en compagnie de ses cinq filles, de leur famille et de leurs bons amis de tous âges; c’était un vibrant rassemblement sous le signe de la joie et de l’amour. Nous lui souhaitons beaucoup de bonheur.