L’honorable Landon Pearson, O.C.

Honorables sénateurs, aujourd’hui, nous commémorons deux jalons importants du progrès social, soit l’adoption, il y a 25 ans, de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, de même que la publication du document Un Canada digne des enfants : Le plan d’action du Canada suite à la Session extraordinaire des Nations Unies consacrée aux enfants de mai 2002.

Le temps passe vite. Dix années se sont déjà écoulées depuis que la sénatrice Landon Pearson a présenté ce plan, qui décrit l’engagement pris par le Canada pour faire des enfants et des familles une priorité nationale.

Je me demande souvent ce qu’aurait été mon expérience en tant que sénateur peu après mon arrivée dans cette enceinte si, à cette époque, je n’avais pas siégé en même temps que la sénatrice Pearson. Après tout, c’est Landon, la première « sénatrice des enfants », qui, pour ainsi dire, m’a poussé presque malgré moi à devenir sénateur et qui m’a intéressé aux questions touchant les enfants. Je pensais que mon domaine de prédilection serait les personnes handicapées, mais Landon, qui peut être très convaincante et, semble-t-il, a toujours raison, m’a fait comprendre à quel point il était important de sensibiliser la population au bien-être et aux droits des enfants, y compris ceux qui sont handicapés.

J’aurai le plaisir de voir Landon cet après-midi, à l’occasion d’une discussion en groupe et d’une réception qui auront lieu au Centre de ressources Landon Pearson pour l’étude de l’enfance et des droits de l’enfant, à l’Université Carleton. Cette activité vise à souligner l’anniversaire d’événements importants liés aux droits de l’enfant, et ce sera aussi l’occasion de constater dans quelle mesure le Canada et le reste du monde réussissent à remplir leurs obligations envers les jeunes.

Landon n’hésite jamais à dire la vérité. Par conséquent, je suis convaincu qu’elle et les autres participants discuteront des conclusions du rapport de l’UNICEF intitulé La situation des enfants dans le monde 2013, qui montre que le Canada n’a pas réussi à réaliser les progrès escomptés.

Au fil des ans, nous avons acquis de plus en plus de connaissances sur les enfants handicapés — par exemple, sur la capacité de la société civile et des gouvernements de répondre à des besoins précis. Toutefois, ces connaissances sont inadéquates. Les principaux intervenants doivent travailler ensemble pour relever les défis, mais s’ils ne bénéficient pas d’un soutien fiable de la part du gouvernement, ils ne peuvent pas coordonner leurs activités et former des coalitions.

Il y a aussi « l’incapacité chronique de répondre aux besoins des enfants autochtones ». Voici ce qu’a déclaré Landon à ce propos : « Nous devons comprendre comment les familles autochtones peuvent se raffermir. Si nous y arrivons, nous pourrons commencer à résoudre les difficultés qui marquent la vie de ces enfants. »

Les médias sociaux sont l’un des principaux freins à l’atteinte de nos objectifs. Ni la convention ni le plan d’action du Canada ne les intègrent, car c’est un phénomène trop récent. Même si les médias sociaux facilitent la communication et le partage d’information, ils entraînent également des répercussions négatives, comme la cyberintimidation et l’érosion de la capacité des jeunes gens de communiquer face à face avec les membres de leur famille et leurs pairs.

Les recherches montrent qu’on ne peut pas régler le problème en légiférant. Les jeunes gens sont dépourvus de jugement lorsqu’il s’agit de décider ce qu’il convient ou non de partager en ligne. Nous tous, mais plus particulièrement les enfants, devons apprendre à mieux comprendre les médias sociaux.

Voilà les enjeux clés dont il sera question au groupe de discussion, ce soir, auquel participent notamment Landon Pearson et le doyen de la faculté des arts et des sciences de l’Université Carleton. Ces derniers discuteront du document intitulé Un Canada digne des enfants. Entre-temps, j’aimerais rendre hommage à Landon, une femme très spéciale. Elle est la preuve vivante qu’il y a une vie après le Sénat. Elle aura 84 ans cette année. Elle est la voix canadienne des enfants. Je vais paraphraser une vieille chanson des Beatles : aurez- vous toujours besoin de moi lorsque j’aurai 84 ans? C’est un oui catégorique, Landon.