Motion d’adoption de l’Adresse en réponse au discours du Trône

Honorables sénateurs, je sais que vous avez hâte d’écouter le discours d’un autre Jim, lui aussi de petite taille, dans environ 20 minutes. Je suis sûr que le ministre Flaherty a écouté les souhaits que nous avons exprimés, moi et d’autres sénateurs, dans le cadre du débat sur l’Adresse en réponse au discours du Trône, notamment en ce qui a trait au budget qu’il présentera cet après-midi à 16 heures.

Les travaux du Parlement peuvent donner des résultats lorsqu’on dialogue avec le gouvernement sur bien des questions, et je voudrais maintenant, par le présent discours, qui ne sera pas très long, répondre au discours du Trône, « Saisir le moment pour le Canada ». Avec un peu de chance, ceux qui veulent écouter le ministre Flaherty pourront le faire.

Honorables sénateurs, le discours du Trône de 2013 contenait un passage sur une question qui me tient à cœur, soit la sous- représentation des personnes handicapées dans la main-d’œuvre au Canada.

Le gouvernement s’est engagé, dans le discours du Trône, à aider les personnes handicapées à recevoir la formation dont elles ont besoin et à trouver un employeur et un emploi. Notre pays a, sur la scène internationale, la réputation d’être un chef de file pour ce qui est de la condition des personnes handicapées, en particulier dans le domaine de l’éducation pour les enfants handicapés.

Toutefois, le Canada accuse du retard en ce qui a trait à la présence des personnes handicapées sur le marché du travail. On compte actuellement, au pays, environ un demi-million d’adultes en âge de travailler qui souffrent de déficiences développementales, ce qui fait beaucoup de gens dont le sort serait certainement meilleur s’ils avaient la chance de travailler, d’acquérir une certaine indépendance financière et de développer leur estime d’eux-mêmes.

Malheureusement, seulement 25 p. 100 de ces Canadiens ont un emploi rémunérateur. C’est un problème pas seulement pour les 75 p. 100 qui restent. Pour chaque adulte qui se voit refuser la chance d’être un employé productif, il y a un employeur et une équipe qui ratent une occasion. Une personne qui désire vraiment travailler fera preuve d’un solide sens de l’éthique au travail et s’acquittera méticuleusement et fièrement de ses responsabilités. Elle sera une source de motivation et un exemple à suivre pour ses collègues de travail. Elle leur insufflera un sain esprit de camaraderie.

Dans moins de 20 minutes aura lieu la présentation du budget fédéral. J’attends les détails dans l’espoir que le gouvernement donnera suite financièrement à sa promesse claire d’aider les personnes handicapées à se joindre à la main-d’œuvre canadienne et à s’y épanouir.

Le gouvernement a la possibilité d’être novateur et de s’inspirer de l’expertise et des connaissances des organismes communautaires qui œuvrent tous les jours à améliorer la vie des personnes handicapées, à encourager les employeurs à embaucher de telles personnes et à investir dans les initiatives qui privilégient les pratiques exemplaires, qui se fondent sur des partenariats solides et qui ont le potentiel d’influencer pour le mieux la façon dont la société perçoit les personnes handicapées.

Ces organismes inspirants et fascinants ont déjà communiqué avec le ministre Flaherty. L’Association canadienne pour l’intégration communautaire, ou ACIC, a présenté une nouvelle initiative intitulée « Prêts, désireux et capables ». Le nom de l’initiative reflète le fait que les Canadiens handicapés sont prêts à contribuer à créer un marché du travail inclusif et efficace, et qu’ils sont désireux et capables de le faire.

En partenariat avec l’Alliance canadienne des troubles du spectre autistique, l’initiative cherche à accroître le nombre de personnes atteintes de déficiences intellectuelles et de personnes souffrant des troubles du spectre autistique qui font partie de la population active. Le fait que « Prêts, désireux et capables » représente les personnes atteintes de déficiences développementales et les personnes atteintes de déficiences intellectuelles en dit long. Traditionnellement, la défense des intérêts de ces deux groupes se faisait séparément, même si les objectifs sont les mêmes. Cette initiative est manifestement unique en son genre.

Prêts, désireux et capables se distingue à maints égards des autres initiatives à l’appui des personnes handicapées. Comme l’a dit mon ami Michael Bach, vice-président exécutif de l’ACIC, l’une des grandes différences, c’est qu’elle est motivée par la demande. Elle tient compte du fait que les employeurs recherchent les caractéristiques propres à ce bassin inexploité de main-d’œuvre. On le constate clairement dans le rapport que le Groupe de travail spécial sur les possibilités d’emploi des personnes handicapées a diffusé l’an dernier et qui s’intitule Repenser l’inCapacité dans le secteur privé.

Le rapport comprend un certain nombre de constations positives qui laissent entendre que la perception que les Canadiens ont des personnes handicapées s’améliore. Les employeurs comprennent plus que jamais les avantages liés à la promotion de la diversité dans leur milieu de travail. Ils sont prêts à voir plus grand. Il semble que la sous-représentation des personnes handicapées au sein de la population active pourrait essentiellement se rectifier d’elle-même. Ce n’est pas le cas, cependant. Pas du tout. Les employeurs ne savent pas comment exploiter ce bassin de main-d’œuvre et beaucoup d’organismes d’emploi communautaires qui travaillent avec les personnes handicapées n’ont ni les connaissances ni les ressources nécessaires pour entrer en contact avec les employeurs. Ce qu’il faut, c’est une infrastructure pour réunir les parties intéressées. On n’ira nulle part si on ne réussit pas à les mettre en contact.

Le problème tient au fait que l’initiative n’est pas subventionnée pour l’instant. Les représentants de « Prêts, désireux et capables » communiquent avec les employeurs pour déterminer leurs besoins et assurent ensuite un suivi auprès des organismes communautaires travaillant avec les personnes handicapées. C’est presque un exercice de courtage. Jusqu’à présent, « Prêts, désireux et capables » connaît un grand succès et le ministre Flaherty le sait bien. Je pourrais parler d’un projet pilote effectué l’automne dernier dans le cadre duquel on a contacté les responsables exécutifs de Costco, qui ont fini par mobiliser les gestionnaires de leurs magasins dans la région du Grand Toronto. Dès que les représentants ont commencé à comprendre les qualités que les gestionnaires recherchaient dans leurs employés, ils en ont fait part aux organismes communautaires, qui ont ensuite dressé une liste de candidats.

Le résultat? Durant la saison des fêtes très achalandée, 23 personnes ont été embauchées. Les employeurs étaient si satisfaits qu’ils ont offert un emploi permanent à 20 de ces employés temporaires. Costco a maintenant l’intention d’adopter des programmes semblables dans ses magasins de l’Ontario, du Québec et des provinces atlantiques. Comme l’a dit M. Bach, de l’ACIC :

Nous sommes confrontés à un défi sur le plan de la productivité et nous attendons à une pénurie de la main- d’œuvre. Si nous aidons les personnes handicapées à occuper les emplois disponibles — et pas dans le cadre d’un service social —, nous pouvons montrer qu’elles peuvent faire partie de la solution.

Les responsables de l’initiative « Prêts, désireux et capables » cherchent à obtenir un investissement de trois ans du gouvernement fédéral afin de créer une infrastructure qui aidera à mettre en rapport des employeurs avec des personnes handicapées. En participant à la mise en place de cette infrastructure et en constatant son mode de fonctionnement, le gouvernement pourra en tirer des leçons très précieuses et, à l’avenir, il pourra faire des investissements plus efficaces.

Il faut aussi tenir compte d’avantages financiers importants. Dans une proposition visant à trouver du travail à 5 100 personnes, l’initiative « Prêts, désireux et capables » estime que le gouvernement pourrait économiser chaque année 1,41 million de dollars au titre des paiements d’aide sociale. Si l’on ajoute à ce montant les revenus accrus tirés de l’impôt sur le revenu et de la taxe de vente payés par un nouveau groupe de consommateurs, on se rend compte de la grande utilité de cette initiative.

Honorables sénateurs, compte tenu de la nouvelle ambiance qui règne au Sénat et de la nouvelle réalité que nous vivons de ce côté-ci, j’ai été très heureux de constater l’engagement pris par le gouvernement l’automne dernier pour lutter contre la sous- représentation des personnes handicapées sur le marché du travail. Par conséquent, j’ai bien hâte de voir combien d’argent le gouvernement prévoit consacrer directement à cette cause. Au cours des semaines et des mois qui viennent, il sera intéressant de voir le plan d’action que le gouvernement mettra en place. S’il s’agit d’un bon plan, je vais l’appuyer.

Comme la plupart d’entre vous le savent, les intérêts des personnes atteintes d’un trouble du spectre de l’autisme, d’une déficience intellectuelle ou d’un autre handicap me tiennent beaucoup à cœur. En travaillant pour eux, j’ai très souvent la chance de vivre des expériences enrichissantes. Je rencontre des gens exceptionnels. J’écoute leur histoire et je suis témoin de leurs réalisations. « Prêts, désireux et capables » est une merveilleuse initiative pour le pays, qui contribue à notre économie, à notre milieu et à notre société.

J’ai trouvé mon contact avec les personnes handicapées en âge de travailler et leurs proches très enrichissant. Cela m’a notamment permis de comprendre qu’un emploi leur apporterait la fierté et un avenir meilleur et que, par le fait même, c’est tout le Canada qui en profiterait.

Je suis convaincu que tous ceux qui croient en l’inclusivité et en l’importance de la diversité sociale accueilleront les mesures prises par le gouvernement pour donner suite à son engagement envers les personnes handicapées avec optimisme à l’égard de notre société et fierté de voir nos valeurs représentées dans des activités menées par le gouvernement pour améliorer la qualité de vie de ces personnes.