Motion portant que le Sénat prenne note que le mois de juin est le mois de la naissance d’Helen Keller et qu’il le désigne comme le « Mois de sensibilisation à la surdi-cécité »

Honorables sénateurs, je suis heureux d’appuyer la motion de la sénatrice Martin afin que le mois de juin devienne le Mois de sensibilisation à la surdi-cécité. Comme notre collègue l’a expliqué, cette motion vise à sensibiliser le public aux défis que doivent relever les personnes sourdes et aveugles et à souligner leur contribution à la société.

Helen Keller est née en juin. Il convient donc de choisir ce mois pour en apprendre davantage sur ce handicap et pour inciter les Canadiens à en faire autant. Pour plusieurs d’entre nous, c’est l’histoire inspirante d’Helen Keller qui nous a sensibilisés un tant soit peu non seulement aux défis que doivent relever les personnes sourdes et aveugles, mais aussi à la capacité de l’être humain de surmonter ces obstacles. En dépit d’un handicap visuel et auditif, cette femme a pu créer des liens avec les gens, avec sa collectivité, avec le monde et avec les générations qui ont suivi, y compris la nôtre. Près de 50 ans après son décès, Helen Keller, qui était écrivaine, activiste et humaniste, reste un modèle d’espoir et d’héroïsme, et c’est pour des personnes comme elle qu’il faut appuyer la motion de la sénatrice Martin.

Surmonter l’adversité est une chose difficile en soi. Je doute qu’on puisse y parvenir seul.

À titre de parlementaires, nous avons la chance d’avoir une image publique. Nous sommes bien placés pour faire la promotion de questions sociales comme celles qui sont liées à la surdi-cécité. Plus tôt aujourd’hui, l’ancienne sénatrice Asha Seth nous a rendu visite. Regardez ce que son inspiration et sa passion lui ont permis d’accomplir. Notre ancienne collègue se passionne encore pour ce dossier, comme le confirme son excellent travail au Centre canadien Helen Keller.

Nous avons parlé de nos bons amis. Il y avait Vim et maintenant il y a Jim. Vim Kochhar a ouvert la voie pour nous. Vous ne pouviez pas dire non au sénateur Kochhar. Depuis plus de 30 ans, il aide les personnes sourdes et aveugles par l’intermédiaire d’activités qui apportent des améliorations réelles et significatives dans leurs vies. Durant les années 1980, il a joué un rôle clé dans la collecte des fonds nécessaires et dans l’élaboration des plans pour mener à bien le projet de foyers pour les personnes sourdes et aveugles. Tout comme la sénatrice Martin, je fais allusion aux foyers Cheshire du Club Rotary. Ce sont les seuls établissements au monde où des personnes sourdes et aveugles peuvent vivre en autonomie.

Le Great Valentine Gala porte aussi le sceau distinctif de Vim. Depuis 1984, notre ancien collègue accomplit un travail de première ligne et organise cette activité de financement annuelle pour venir en aide aux personnes handicapées.

À l’heure actuelle, près de 70 000 Canadiens âgés de plus de 12 ans sont sourds et aveugles. Le nombre de personnes affectées par cette double incapacité me surprend. Il en est ainsi en partie parce que je sais peu de choses sur la surdi-cécité. Je dois en apprendre davantage. Je m’investis tellement dans d’autres secteurs liés aux handicaps que celui-ci a frappé mon imagination. Ce sont des collègues comme les sénatrices Martin et Seth et le sénateur Kochhar qui m’ont incité à prendre la parole sur cette réalité.

Je n’aime pas la syllabe « in » dans le mot « invalide ». Je préfère le substantif « valide ». Je n’aime pas ce mot qui commence par « in », mais celui-ci semble faire partie de notre vocabulaire.

Je suis conscient que les handicaps limitent les gens dans leurs activités quotidiennes. Je peux me reporter à ma connaissance d’autres handicaps pour mesurer les difficultés psychologiques, financières et autres que créent ces limites. Je peux aussi me reporter à mon expérience avec les personnes handicapées pour savoir que de telles limites trahissent l’inertie de notre société face aux problèmes des personnes sourdes et aveugles.

Comme la sénatrice Martin l’a dit, seulement 3 000 personnes sourdes et aveugles font partie des bénéficiaires des organismes qui aident les personnes atteintes de ces handicaps à interagir avec les autres et avec leur environnement. Leur nombre est de 3 000 sur un total de 70 000 personnes sourdes et aveugles. Pensez-y un peu. Chaque personne a des droits fondamentaux. Elle devrait pouvoir vivre sa vie aussi pleinement que possible et réaliser son potentiel. Une telle proportion si minime est un simulacre d’équité.

Alors que la sénatrice Martin nous propose, dans sa motion, de reconnaître le mois de juin comme le Mois de sensibilisation à la surdi-cécité, ces chiffres sont un bon point de départ pour nous tous. Nous pouvons commencer à changer la donne en nous renseignant sur la surdi-cécité et sur ce que vivent concrètement les personnes qui ont ce handicap.

Loin de moi l’idée de garder sous silence les quelques faits que j’ai glanés. J’ai plutôt le goût de m’en servir comme source d’inspiration. Il est clair qu’il nous reste beaucoup de travail à faire si nous voulons remédier à cette iniquité.

Madame la sénatrice Martin, je vous remercie personnellement pour votre motion et pour votre détermination à la faire adopter. Le libellé est simple. J’espère que nous pourrons l’adopter plus rapidement que mon projet de loi sur l’autisme, qui a dû attendre trois ans. L’attente en valait néanmoins la peine. Chaque instant, chaque jour, de tels gestes méritent d’être posés, car ils finissent par attirer l’attention des gens.

Si je puis me permettre un petit mot au passage sur l’autisme, je dirais que la somme d’argent disponible est la plus importante que nous ayons vue depuis une dizaine d’années et que les pratiques s’améliorent. Nous devrions faire la même chose en ce qui concerne la surdi-cécité. Votre motion constitue une demande simple et directe.

Je suis sûr que tous les sénateurs peuvent nettement apprécier la raison d’être de cette mesure sur les plans moral et social. Je vous exhorte à vous joindre à nous pour l’appuyer.

Merci beaucoup.