Olympiques spéciaux de la Nouvelle Écosse dîner et enchère

Mesdames et Messieurs, chers amis et invités,

Merci beaucoup de votre invitation. Je reviens toujours avec plaisir dans mon coin de pays, les Maritimes. Je me sens chez moi, à Halifax. Et je me sens toujours à ma place lors des Jeux olympiques spéciaux.

Les Jeux olympiques spéciaux forment une famille sans pareille, et quiconque en fait partie est assuré d’un accueil chaleureux.

Mesdames et Messieurs, je crois que rien n’arrive sans raison. Si je suis ici ce soir, c’est à cause d’un événement survenu il y a 42 ans, en 1968, l’année des premiers Jeux olympiques spéciaux au Soldier Field de Chicago. Un mois avant les Jeux, un petit enfant est né. Un petit enfant atteint du syndrome de Down, qui s’appelait Timothy James Alexander Munson. Mon premier fils. Timmy serait aujourd’hui un homme d’âge moyen, s’il n’était pas décédé d’une pneumonie avant d’avoir un an.

Donc, il y a 42 ans, au cours d’un même mois, un athlète olympique très spécial, mon fils, voyait le jour, tout comme les Jeux olympiques spéciaux.

Quarante ans plus tard, le monde accueille différemment les personnes atteintes d’une déficience intellectuelle. Je pense que nous sommes tous d’accord pour dire qu’il s’agit d’un monde meilleur, plus ouvert, plus aimant et plus inclusif. Et les Jeux olympiques spéciaux ne sont pas étrangers à ce changement d’attitude. Grâce au sport, au plaisir et à la camaraderie, les Jeux olympiques spéciaux font oublier les handicaps pour mettre en évidence les athlètes, les coéquipiers, les adversaires, les amis. Pour mettre en évidence les personnes. Des personnes pleines de talent et de potentiel, des personnes au grand cœur.

Comme je le disais tout à l’heure, rien n’arrive sans raison. Je suis également ici ce soir pour vous présenter l’homme qui a tant fait pour faire tomber l’étiquette de personne handicapée et faire émerger les athlètes. Je parle ici du Dr Frank Hayden.

Je suis très honoré de vous présenter ce grand Canadien. Un homme sans prétentions et consciencieux, compatissant, doté d’une grande foi et répandant le bien autour de lui. Un homme dont l’histoire est typiquement canadienne, car le hockey en fait partie.
Au début de sa carrière, le Dr Hayden a étudié la condition physique des jeunes ayant une déficience intellectuelle. Dans le cadre de ses recherches, il s’est rendu à l’école Beverly, à Toronto, où Harold Smith avait formé une équipe de hockey en salle pour les jeunes garçons de son école présentant une déficience intellectuelle. Cela se passait sept ans avant la tenue des premiers Jeux olympiques spéciaux à Chicago.

Ce projet de l’école Beverly fut l’élément déclencheur chez le Dr Hayden.

Remontons un peu le temps, pour un instant. Au début des années 1960, les personnes atteintes d’une déficience intellectuelle étaient souvent placées dans des institutions et presque toujours marginalisées. Nul n’aurait pensé à leur faire faire du sport. La plupart, d’ailleurs, étaient dans une piètre condition physique.

Mais ce jour-là, le Dr Hayden a compris tous les avantages du sport : une amélioration de la condition physique, bien sûr, mais plus encore. Le sport était rassembleur; il créait, chez les joueurs, des liens d’amitié, des objectifs communs et une fierté.

Comme je l’ai dit tantôt, rien n’arrive sans raison. Les recherches novatrices du Dr Hayden et sa confiance dans les bénéfices du sport pour les personnes atteintes d’une déficience intellectuelle ont jeté les bases scientifiques des Jeux olympiques spéciaux, mouvement qui a alors été parrainé par Eunice Kennedy Shriver et sa famille. Le reste appartient à l’histoire.

Je pense en toute honnêteté que, si le monde est plus accueillant aujourd’hui, c’est en partie grâce au Dr Hayden. C’est grâce à lui si plus de trois millions de personnes dans le monde ont la chance de se surpasser et de montrer à leur famille, à leurs amis, à leurs collectivités et au monde entier tout ce dont elles sont capables.

Les Jeux olympiques spéciaux ici, en Nouvelle Écosse, ont beaucoup évolué depuis 1978, année où George et Alicia Thorne, attablés dans leur cuisine, ont commencé à faire bouger les choses. Aujourd’hui, plus de 1 200 athlètes de 15 régions de la Nouvelle Écosse participent à des épreuves dans divers sports.

Je cède maintenant la parole au Dr Hayden qui vous racontera son histoire. C’est ce que vous attendiez, non? Tous les Canadiens devraient connaître son histoire; ils en seraient très fiers.

Mais tout d’abord, voici un petit film à ce sujet.

Mesdames et Messieurs, accueillons ensemble le Dr Frank Hayden.